Il y a quelques dizaines d’années, on disait qu’on faisait de la bicyclette, tout simplement. Pour varier les plaisirs lexicaux, oooh luxe suprême, on avait aussi le mot “vélo” à notre disposition. Bien. Maintenant, c’est un peu moins simple, voire carrément plus compliqué. C’est qu’il y a le vélo de route évidemment, mais aussi le vtt et le bmx, ainsi que le crosscountry, le dirt, le fixie, le singlespeed, le street, la descente, la trottinette, l’enduro, le freeride, le bike polo, le cyclo-cross, le trial, le cyclotourisme, l’endurigide, le marathon, le vélib’, la piste, le trail, le slopestyle, le triporteur, la rando, la mini-dh, le monocycle, le dualslalom, le tricycle, l’all-mountain, le 4X, la race, le flat, le tandem, le… Oups, on s’emballe un peu là… Et encore, on a certainement oublié l’une ou l’autre discipline née il y a quelques minutes à peine sur un parking de supermarché ukrainien ou dans une obscure forêt de l’Oregon… Vu comme ça, ça fait beaucoup, non ? Cette segmentation extrême et cette hyperspécialisation, parfois légitimes mais souvent commerciales, donnent lieu à des petites guéguerres ridicules. On se moque, on se snobe, on ne se salue plus, on ne se parle plus, et on considère que notre pratique est la seule valable et digne d’intérêt. “L’ennemi est bête, il pense que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui…” Il est évident que cette segmentation est bien ancrée dans notre sociéte et dans nos esprits et qu’elle va meme encore plus se marquer à l’avenir, avec l’apparition de nouvelles disciplines et donc de nouveaux vélos conçus spécialement pour elles. Essayons dès lors de garder à l’esprit que nos montures, aussi spécifiques soient-elles, ont toutes un ancêtre commun. Un truc un peu rudimentaire et pas vraiment joli qu’on appellait bicyclette.